the technology of the page

how simple, how beautiful in concept, how smart and functional, how versatile: the book page.

 

plaisir de feuilleter, d'ouvrir le livre au hasard, de revenir sur ses pas, de faire tourner les pages avec le pouce sur la tranche comme un jeu de cartes à battre, de commencer par la fin, d'écrire dessus, entre les lignes, sur les mots, dans les marges, de récrire sur ces marginalia, de corner les pages, de les déchirer, de coller de marques pages et autres stickers de couleur.

 

De lire dans son bain, au soleil, debout dans le métro, dans un café, un avion, un bus, la cuisine, un parc, la forêt, la chambre (et ailleurs).

De lire à deux tout serré dans un canapé. De lire à un enfant assis entre ses bras.

De lire au soleil, les pages tournées par le vent. De fermer le livre en un coup sec. De mettre un livre dans un autre comme marque page.

Ni reflets, ni panne de courant, batterie à plat, problème technique. Un livre, on n'y pense pas: on vit avec. Le livre est sans logistique: la page comme technologie a l'élégance d'un théorème mathématique: elle a la politesse et le génie de s'effacer pour un usage sans arrière-pensée. Le livre se met constamment au service de son usage, de ses usages, et ne rappelle jamais l'attention à soi. Le livre ne vous somme pas de "update."

Le livre est poli: jamais il ne vous lancerait: "has unexpectedly quit."

Chaque livre a son odeur, ses marques propres. Le cassant, ou la douceur, la texture des pages font partie de la lecture. Le livre jaunit, prend l'eau, vieillit, c'est-à dire vit!