Jean Santeuil
2.1 Places
(a) enchantment
(i) places appear to be unique (like people), but consistent (unlike people): "les lieux sont des personnes, mais des personnes qui ne changent pas" (JS 395); "la figure des lieux change moins vite que celle des hommes... les lieux... gardent cette physionomie dont nous avons emporté l’unité qui en faisait une physionomie, un air de personne" (JS 458); "les divers endroits de la terre sont des êtres aussi, dont la personnalité est si forte que quelques-uns meurent d’en être séparée" (JS 691); "cette personnalité de la terre variée... donne le sentiment qu’un village est un étranger qu’on ne connaît pas..., que des peupliers ne sont pas seulement des arbres poussés là par hasard, mais l’indication d’une nouvelle vie qui commence" (JS 689); "Il semble que la beauté de l'art... soit peu à peu devenue, comme le lieu où elle adhère, quelque chose d'unique et qui ne dépend pas de l'homme" (JS 425).
(ii) place-names appear to confirm the radical uniqueness of a site: "un endroit unique, vivant, personnalité qui ne se retrouve à nul autre endroit du monde... cette chose unique qu’est un lieu, individualité symbolisée par son nom" (JS 503).
(iii) interestingly, the sound system works differently in the early manuscripts! There is already a golden sound, but it is not "-antes." "Fontainebleau, nom doux et doré" (JS 503); cf. "Versailles, grand nom rouillé et doux" ("Rêveries couleur du temps," PJ 164).
(b) disenchantment
As in the Recherche, anticipation is generally followed by disappointment (JS 536-7). [Jean:] «Quelle fatigue que d’aimer sans cesse ce qui n’a de beauté que parce que nous l’aimons et qui, deux ans après, nous paraîtra fastidieux! Quelle illusion de s’attacher aux paysages, aux êtres, et quelle misère que de ne [pas] pouvoir jeter loin de soi cette illusion!» (447-8)
[Compare "Rêveries couleur du temps" in PJ: "le village poétique vers lequel nous hâtions le trot de nos espoirs impatients et de nos juments fatiguées exhale de nouveau, quand on a dépassé la colline, ces harmonies voilées, dont la vulgarité de ses rues... ont si mal tenu les vagues promesses." (PJ 204-5) "La mer fascinera toujours ceux chez qui le dégoût de la vie et l'attrait du mystère ont devancé les premiers chagrins, comme un pressentiment de l'insuffisance de la réalité à les satisfaire." (209)]